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Et les consignes?


Le monsieur a été un grand garçon, qu’elle dit la madame. Et elle a bien raison. Je me suis bien demandé au moins vingt fois dans les semaines précédentes si j’avais toute ma tête lorsque j’ai décidé de rencontrer un médecin spécialisé pour une vasectomie. Et, le matin du dernier jour en tant que géniteur, alors que je m’acharnais à faire disparaître les derniers poils encombrant la future zone sinistrée, j’avoue avoir eu quelques épisodes de cliquetis dentaires. Pas évident pour un gars d’aller ainsi se faire jouer dans le paquet avec des instruments contondants, sous une lumière tellement chaude que ça ressemble presque à un BigMac attendant de se faire emballer… Surtout quand tu as déjà vu ce commercial qui suggère que parfois on aimerait en savoir plus, alors qu’un médecin pratiquant je ne sais quoi sur un pauvre hêtre vient de laisser échapper un juron et un « oh lala la la … ».


Mais voilà, j’ai survécu. Et, comme le dit la madame, la mécanique et le système hydraulique ont été testés avec succès. Bon, juste un petit test d’entretien, mais les fonctions de base se sont avérées en bon ordre alors pour l’instant le moral est très bon.


Le meilleur de tout ça, c’est ce qu’il y a à faire après. Le « post » de l’effroyable aventure. Suite à certaines discussions avec d’excellents copains, je sais maintenant qu’il faut un minimum de 40 éjaculations avant de passer un test pour déterminer si la dure épreuve ne l’a pas été en vain. Le doc, lui, m’avait simplement dit de passer le test après trois mois. N’écoutant que ma logique, j’en déduis que deux conditions doivent être réunies, ici… Si je comprends bien, je dois donc passer un test suite à un « post » de trois mois comprenant un minimum de 40 rencontres au sommet avec ma belle. C’est une obligation clinique. Il faut toujours suivre les prescriptions de façon très précise. C’est une question de vie ou de mort. Même si c’est une métaphore.


Quand j’étais plus jeune, c’était facile de cumuler, dans un court laps de temps, les lâchés-lousses de spermaprouzoides. Mais, avec l’âge, vient malheureusement un certain sevrage. Manque de temps, d’énergie, Les jours de semaine, on s’entend. Parce que, les fins de semaines, le monsieur a vraiment pas à se plaindre…


Alors là il faut que je devienne « cochon » pour les trois prochains mois. Du moins c’est mon interprétation. Pas bien difficile avec la madame. Définitivement, la mécanique marche. Il faut juste un peu travailler la cédule pour l’hydraulique. Question d’évacuer les derniers survivants de l’Apocalypse…

Mon homme - Mon héros

C'est fait. Avec brio à part ça. Pas de plaintes, pas de chi-chi, pas de demandes spéciales. Un rêve quoi quand on considère que le moindre petit malaise entraîne "généralement"chez l'homme une série de comportements infantiles!

Mais pas chez mon homme. Nan! Remarquez, je n'étais pas dans sa tête et j'imagine facilement les petites et grandes inquiétudes... ... mais il ne l'a pas montré, ou si peu.

Depuis ce matin, fini les inquiétudes. Tout fonctionne à merveille et je le soupçonne d'avoir le sourire facile aujourd'hui....

Je t'aime mon homme pour ce que tu as fait pour nous....

J'aime ma blonde...

Ce qu'il y a de trippant quand on aime sa blonde c'est qu'on peut le dire bien haut, bien fort, pour que ça vibre. Qu'on peut lui laisser savoir (même si on se doute bien qu'elle le sait déjà) sans que ça devienne un geste de troc pour espérer obtenir quelque chose en retour. Bien sûr on veut bien un petit feed-back de temps à autre, c'est toujours rassurant la réciprocité, mais pas nécessairement de façon systématique et en retour à chaque vibration que l'on émet.

Le plus difficile, souvent, c'est lorsque volontairement on se retient, on se restreint et on dose les manifestations d'émois. Pour que ça ne semble pas excessif. Lorsque sa blonde est à sa coiffeuse tôt le matin, se brossant les cheveux, si par chance elle n'a pas encore complété son habillement et que chaque coup de brosse dévoile une partie soyeuse de son cou ou les fines courbes d'une épaule, lorsqu'on passe derrière elle et qu'on peut admirer un de ses sourires entendus reflété par le miroir, lorsqu'on s'arrête pour doucement attirer sa longue chevelure vers soi afin de poser ses lèvres dans un creux alors qu'elle offre sa chair d'une légère flexion de la tête, et qu'elle sent bon, qu'elle sent divinement bon, comment s'empêcher d'exprimer toute l'émotion que l'on ressent? Certaines expressions peuvent demeurer incognito mais pas toutes…

Je t’aime tant, ma belle …

Ah oui? Ah bon!

Je ne suis pas zouve du tout. La preuve, je n'ai pas relu ton texte pour essayer de comprendre!!! Je me suis dit: "Tiens, il fait le zouf!" Mais, il faut dire que j'y suis habitué... et je trouve ça bien rigolo.

Ça m'a fait penser aux questions TVA. Aujourd'hui c'est: "Dégringolade des bourses: se dirige-t-on vers une récession mondiale? Est-ce qu'ils pensent vraiment qu'on le sait? Et puis ils auraient dû poser la question comme ceci: "Dégringolade des bourses: nous dirige-t-on vers une récession mondiale? D'après vous?...

Bon, je suis peut-être un tout p'tit peu zouve après tout!

C'est de ta faute...

Je pense, donc je suis un zouf...

Je ne suis pas toujours très friand de philosophie, ni de ses partisans, les philosophes. Ceux qui nous martèlent de leurs théories peuvent s'attendre à un regard hautain de ma part. C'est une perte de temps de se demander "pourquoi nous sommes ici?» On est ici et c'est tout ce qui est important. Si la question était "avons-nous choisi d'être ici?" ou bien "pourrions-nous choisir d'être ici?", je prêterais un peu plus l'oreille, c'est certain. Mais "pourquoi on est ici" ne donne rien comme questionnement. Sommes-nous ici? Oui mon bien cher contemporain, nous le sommes. Content? Esti de zouf.

Tk, je pensais justement à combien j'haïssais les pseudo philosophes et leurs intenses pensées, et tous les autres qui s'amusent à se poser des questions fébriles et profondes, et j'en suis venu à me dire: je pense, donc je suis un zouf. Mais alors je me suis mis à me mépriser d'être un zouf et, comme les Vrais Zoufs n'ont ni l'humilité ni la lucidité pour se mépriser d'en être, je me suis dit que peut-être mon mépris m'épargnait d'être correct sur ma perception. Et j'avais tort! Parce que non seulement réfléchir à ceci et en parler consiste à philosopher, mais aussi me poser toutes ces questions fait de moi plus qu'un zouf, fait de moi un méga-zouf!! Je n'ose pas penser à ceux qui se questionnent sur mes propos, au degré de zoufitude requis...

Et toi, ma blonde, es-tu une zouve?

La madame répond...


Comme vous avez pu le constater, le monsieur a très bien introduit le sujet car il a du verbe et la madame arrive en complément pour conjuguer le tout…

Pour commencer, cher monsieur, je ne peux être un bougre même si quelquefois on pourrait me qualifier de bougresse… dans le bon sens bien entendu… toujours… je ne prend que les compliments… vous le savez bien...

Concernant votre stress (!!!) permettez moi de vous rappeler qu’il m'est habituellement dévolu puisque les mots coulent de vos mains (vos chères mains!) de façon beaucoup plus aisée que les miens, donc ne vous apitoyez pas trop messieurs dames…


Malgré une certaine provocation de votre part, loin de moi l’envie de vous faire faux bond, dans quelque domaine que ce soit d’ailleurs (ne vous ai-je pas choisi dans ma vie…) et j’espère vraiment que cet espace devienne un carnet de route amusant, ludique et pourquoi pas instructif. Il faudra seulement respecter ma disponibilité et réduire vos envies…


Et puis cette reproduction de dieu grec!!! Monsieur, voyons, un peu de modestie s'il-vous-plaît! Prenez exemple sur moi...


Alors au plaisir d'échanger avec vous et puisque les présentations sont faites, dorénavant, les formules seront moins formelles (!!!) et les us plus usuels.


L'intro du monsieur...


La madame et moi, on s'est dit que ça pourrait être drôle, parfois même franchement rigolo, d'écrire un blogue à deux, en alternant les billets mais toutefois sans aucune règle préétablie. C'est qu'on a des choses à dire, nous deux, à se dire, à vous dire, qui que vous soyez. Qui que l'on soit aussi, dans cet univers virtuel, dans ce no-name land.

Imaginez deux êtres qui se sont trouvé il y a maintenant presqu'un an, chacun avec son bagage d'expériences émotives, sexuelles, sensorielles, sublimes ou parfois vraiment poches; deux êtres avec du vécu, quoi! Je sais, rien de bien original si on se compare aux autres quidams de notre génération, mais quand même assez pour qu’on se soit fabriqué un joli petit couple pas du tout piqué des vers, avec des trucs à dire et plus ou moins de retenue pour le faire. Pour l'instant du moins.

Alors vu que c’est moi qui ai absorbé le stress que représente un tout premier billet, qui ose tenter de « donner le ton » à ce qui va suivre, qui se lance dans l’aventure afin d’indiquer le chemin mais qui ne sait pas trop quel chemin prendre pour l’instant, je vais m’en tenir à ces premiers mots. Une sorte d’introduction avant le grand déploiement, comme un verre de V8 avant un repas au Pied de Cochon, alors qu'on regarde la carte des vins.

J'espère que la madame ne va pas me faire faux bond... C'est qu'elle en est bien capable, la bougre...